Le dossier de l’heure légale refait surface. Intervenant lundi à la Chambre des représentants, la ministre Leïla Benali a ouvertement remis en cause les fondements de la décision adoptée en 2018, qui maintient le Maroc à l’heure GMT+1 tout au long de l’année.
Répondant à une question orale du groupe du Mouvement populaire, la ministre a révélé que son département, en coordination avec celui de la Transition numérique, a entamé une réévaluation de l’étude gouvernementale censée justifier ce choix. Les premiers constats vont à l’encontre du discours officiel : en hiver, le maintien à GMT+1 ne permettrait pas de réduire la consommation d’électricité.
« Les données préliminaires montrent qu’il n’y a pas de baisse significative de la demande énergétique ; au contraire, celle-ci a augmenté, comme en 2026 », a-t-elle précisé devant les députés. Une déclaration qui fragilise l’argument central ayant motivé la réforme, à savoir les économies d’énergie.
Ce revirement intervient dans un contexte de contestation persistante. Déjà en octobre dernier, le groupe parlementaire du Parti authenticité et modernité, formation de la majorité à laquelle appartient la ministre, avait appelé à revoir cette mesure. Le parti pointait notamment ses effets négatifs sur la santé, le rythme de vie et le bien-être des citoyens, en particulier les élèves et les travailleurs.
La pression populaire ne faiblit pas non plus. Une campagne nationale lancée fin mars pour le retour à l’heure légale a déjà recueilli plus de 344 000 signatures, signe d’un malaise persistant au sein de la société.
Pour rappel, le maintien du GMT+1 avait été acté sous le gouvernement dirigé par Saad-Eddine El Othmani, issu du PJD. Huit ans plus tard, cette décision continue de diviser, et pourrait bien être réexaminée à la lumière des nouvelles données avancées par l’exécutif.


